Un réseau de communautés villageoises au patrimoine authentique, situées dans des paysages remarquables

Dernière mise à jour:

2010-02-22

120, rue Saint-Joseph,

Deschambault-Grondines,

(Québec)

418-652-8150

Tous droits réservés, 1998 / 2009, l'Association des plus beaux villages du Québec.

Tous droits réservés, 1998 / 2009, l'Association des plus beaux villages du Québec.

O flots ! Que vous savez de lugubres histoires ! (V. Hugo)

 

À compléter...

 

 

 

 

Historique 

« O combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines…
Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! Que vous savez de lugubres histoires ! » (Victor Hugo)

 

En 1633, le Père Lejeune, missionnaire, accoste à une centaine de kilomètres à l’est de Québec, là où un rocher formait à cette époque, au bord du fleuve, « une petite islette » (îlot), que les indiens appelaient alors « Atisaouacanichetagoukhi ». L’histoire ne retint, on devine pourquoi, que le nom français…

 

C’est en 1677 que deux seigneuries furent concédées aux familles Couillard et Bélanger. En 1721, on y compte quinze familles, dont les maisons seront brûlées par les Anglais lors de la conquête en 1759, comme la plupart de celles de la côte.

 

Pays de marins qui eut d’ailleurs son école de marine, le village de l’Islet, qui fut d’abord appelé Bonsecours, comprend deux parties : la première (l’Islet-sur-Mer), dont le patrimoine est le plus ancien, s’étire au bord du fleuve Saint-Laurent, alors que la seconde (Saint-Eugène-de-l’Islet) est blottie sur la terrasse marine à quelques kilomètres au sud, de l’autre côté de l’autoroute 20 et offre quelques ensembles intéressants dans un contexte plus agricole.

 

L’Islet-sur-Mer offre tout au long de sa rue principale, une belle succession de maisons à l’architecture traditionnelle, souvent bâties au bord de l’eau, et dont les terrains sont caressés par le fleuve au gré des marées. Parmi elles dominent deux bâtiments imposants : l’église Notre-Dame-du-Bon-Secours, classée monument historique, et le Musée maritime du Québec.

 

L’église à deux clochers, de type récollet (nef plus large que le chœur), fut construite à partir de 1770, mais reçut des ajouts successifs : des caissons d’étoiles dans la voûte en 1818, une rallonge en 1830, une nouvelle sacristie en 1840, de nouveaux caissons en plâtre en 1865, des galeries latérales en 1898 (ôtées depuis!), une nouvelle façade en 1882. La décoration du chœur, complétée en 1787, est l’œuvre de Jean Baillargé et de son fils François. Le tabernacle date par contre de 1730. De belles œuvres d’art du 19ème siècle (anges sculptés, tableaux d’Antoine Plamondon entre autres) enrichissent ce décor.

 

Tout près de l’église, la salle des « habitants » (ce terme désignait autrefois les colons), elle aussi classée monument historique, fut construite au bord du fleuve en 1827, puis déménagée au cœur du village en 1956. C’est un superbe bâtiment recouvert de bois, avec un toit à quatre versants recouvert de tôle « à la canadienne ».

 

Plus à l’est dans le village, on peut admirer une magnifique chapelle de procession en bois, surmontée d’un clocheton, elle aussi classée, datant de 1835, et qui porte l’inscription : « À Saint-Joseph, secours des marins ».

 

Enfin, le Musée maritime du Québec, tout près de l’église, témoigne du passé maritime du village, qui fut pendant longtemps le principal fournisseur de pilotes et de marins sur le fleuve. Entre autres, le Capitaine J-E. Bernier, qui explora l’arctique canadien et en prit possession au nom du Canada en 1909. Le musée est un imposant bâtiment de pierre au bord du fleuve, qui comprend trois sections : les salles d’exposition dédiées à l’histoire et au patrimoine maritime, la chalouperie, où l’on fait la démonstration de construction traditionnelle de chaloupes, et les bateaux en cale sèche (brise-glace, hydroptère, goélette).

 

Dans la partie est du village, la rue du Quai (cette rue que l’on retrouve dans presque tous les villages qui bordent le fleuve Saint-Laurent !) conduit à une petite anse naturelle protégée par un quai et qui sert d’abri aux petits bateaux. À cet endroit, toute la douceur du paysage de l’estuaire s’étale devant nos yeux, depuis les battures jusqu’aux rondeurs de Charlevoix sur la rive opposée en passant par la silhouette discrète de l’Île-aux-Oies, parfois diffuse dans la brume, juste en face. La lumière y est changeante et le fleuve capricieux. C’est l’ endroit rêvé pour un pique-nique.

 

Sur la grève, dans les environs du village, au printemps et en automne, des milliers d’oies blanches viennent se reposer dans leur migration et offrent un spectacle grandiose lors de leurs envols en groupe.

 

Faire un tour du côté de Saint-Eugène, au sud de l’autoroute 20, permet de voir un autre aspect de la vie et du paysage local : depuis les chemins de l’arrière-pays, on bénéficie d’un panorama surplombant la plaine, puis le fleuve et la rive nord. De beaux ensembles agricoles parsèment les environs. Saint-Eugène se développa durant la seconde moitié du 19ème siècle et fondée officiellement en 1867.

 

En plus des gîtes, l’agglomération de l’Islet offre trois auberges de charme typiques et très différentes pour vous accueillir : La Marguerite, dans un manoir de 1754 au coeur village; La Paysanne, sur le bord du fleuve à l’est du village (cuisine gastronomique); et l’Auberge des Glacis dans un ancien moulin à farine de 1841 à Saint-Eugène (cuisine gastronomique).

Photos: Nicole Larochelle et Jean-Marie Giradville