Un réseau de communautés villageoises au patrimoine authentique, situées dans des paysages remarquables

 

Tous droits réservés, 1998 / 2017, Les Plus Beaux Villages du Québec.


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Au bord de la rivière Richelieu, le rendez-vous des artistes

 

 

Origines

La paroisse Saint-Antoine-de-Padoue a été érigée en 1750 et son territoire qui avait été détaché à l’origine de la seigneurie de Contrecoeur, comptait déjà environ trois cents habitants. En effet, les premières terres furent concédées par le seigneur François-Antoine Pécaudy de Contrecoeur en 1724 et la paroisse naissante prit le nom de Saint-Antoine en l’honneur de son seigneur. Parmi les premiers colons qui se sont établis sur les rives du Richelieu on retrouve, entre autres, des Archambault, Courtemanche, Allard, Durocher et, dans cette famille, l’ancêtre d’Eulalie Durocher, la bienheureuse Mère Marie-Rose, fondatrice des religieuses des Saints Noms de Jésus et de Marie.

 

Les Acadiens

En 1760, plusieurs familles d’Acadiens, les Bourgeois, Girouard, Cormier et Gaudette, se sont établies dans la deuxième concession ou rang Saint-François, devenu depuis, en leur honneur, le rang de l’Acadie. Ces familles comptent encore ici de nombreux descendants dont certains arborent fièrement le drapeau acadien pour la fête du 15 août.

 

La milice

Saint-Antoine a été marqué par plusieurs événements de l’histoire politique du pays. Dès 1750, le village naissant comptait 55 miliciens et ce nombre croît avec la population. Ils sont mis à contribution particulièrement pendant la guerre contre les Etats-Unis. Le père de George-Étienne Cartier était lieutenant de milice et on raconte qu’il préférait la vie militaire à celle de commerçant.

 

Les événements de 1837

Saint-Antoine a également participé activement au mouvement des Patriotes. Le jour de la bataille de Saint-Denis, le 23 novembre 1837, le jeune George-Étienne Cartier et son cousin Henri rassemblèrent une centaine d’hommes d’ici et des environs qui traversèrent la rivière dans le bac du passeur Roberge, sous les tirs ennemis, pour aller prêter main-forte aux habitants de Saint-Denis. On aime bien ici rappeler qu’il s’agit non pas de la victoire de Saint-Denis mais de celle de Saint-Antoine. Quatre Antoniens furent tués ce jour-là. Peu de temps auparavant, le 14 septembre 1837, les femmes de Saint-Antoine avaient organisé un dîner champêtre afin de marquer leur appui à leurs maris, leurs fils ou leurs frères patriotes. Cet événement, dont le récit parut dans le journal La Minerve, regroupait près de 400 personnes. La Société historique et culturelle de Saint-Antoine a fait revivre cette tradition et organise chaque année un dîner communautaire au cours duquel on souligne les réalisations de femmes de Saint-Antoine qui ont particulièrement marqué leur milieu.

 

Scission et fusion

Comme beaucoup d’autres villages québécois, Saint-Antoine a été partagé en 1921 en deux municipalités, le village de Saint-Antoine-de-Padoue et la paroisse de Saint-Antoine-sur-Richelieu. Ces deux municipalités ont été fusionnées en 1982.
La nouvelle municipalité conserve le nom de Saint-Antoine-sur-Richelieu.

 

Agriculteurs, commerçants, navigateurs

 

Le grenier du Bas-Canada

En 1790, le village comptait déjà 1285 habitants et la culture céréalière connaissait un essor important. C’est à cette époque que s’établirent ici les frères Cartier dont le père exportait des quantités importantes de grain à partir de Québec. À leur tour, Jacques (grand-père de George-Étienne Cartier) et Joseph devinrent commerçants et contribuèrent à transformer la vallée du Richelieu en « grenier du Bas-Canada » grâce à l’exportation de quantités considérables de divers grains, principalement de blé, transportés par bateau de Saint-Antoine.

 

Le commerce du foin

Après 1830, le commerce du blé connut un déclin mais la navigation sur le Richelieu, seule voie de communication de l’époque, connut une période florissante grâce à l’avènement de la vapeur. Un commerce soutenu entre Montréal et l’état de New-York s’est poursuivi jusqu’à la Seconde guerre mondiale. On exportait ainsi des denrées comme le bois et le foin et on importait du charbon, de la mélasse et bien d’autres produits. La première moitié du XXe siècle a été marquée par une production abondante de foin vendue aux Etats-Unis.

 

La navigation

Un citoyen de Saint-Antoine, le capitaine Ferdinand Fecteau, a participé activement à la navigation sur le Richelieu par la construction, dans le village, vers 1900, de trois bateaux à vapeur, l’Antonia, le Saint-Antoine et le Ferdinand qui transportaient marchandises et passagers des villages riverains jusqu’à Saint-Hilaire d’où l’on pouvait prendre le train pour Québec ou Montréal.

La rivière Richelieu demeure l’un des attraits importants de la municipalité. La navigation de plaisance a remplacé les grands vapeurs à aube d’autrefois mais la beauté des paysages est intacte. Vestige du passé, on y trouve encore un bac lequel, en l’absence de pont, permet de traverser à Saint-Denis sept mois par année et d’emprunter un raccourci vers Saint-Hyacinthe. L’hiver, il est remplacé par le pont de glace, sans doute l’un des derniers au Québec.

 

L’agriculture

Saint-Antoine demeure à ce jour une municipalité à caractère agricole. Après les périodes de production intensive de grains puis de foin, les agriculteurs se sont spécialisés dans la production laitière. Mais la production céréalière gagne en importance parce que la main-d’œuvre agricole est de plus en plus rare et que la superficie accrue des terres se prête à ce genre de production. De nouvelles initiatives axées sur la culture organique et l’élevage de veaux de lait et de poulets de grains et spécialement de pintades, spécialité de la Vallée du Richelieu, se multiplient : l’alimentation des troupeaux est produite sur place à partir de semences sans OGM et les hormones et les antibiotiques sont bannis.

 

Un passé qui se porte à merveille

 

La population

La population de Saint-Antoine s’est quelque peu modifiée avec le temps. Après avoir atteint un sommet de 2000 âmes en 1842, la population n’a cessé de décroître et ne comptait que 1193 personnes en 1958. Elle comprend maintenant 1600 citoyens. L’installation dans les années soixante et soixante-dix des aciéries dans la municipalité voisine de Contrecoeur a attiré plusieurs travailleurs et leur famille dont un bon nombre ont élu domicile à Saint-Antoine. Le courant de « retour à la terre » de cette époque a également attiré plusieurs personnes, dont nombre d’artistes. La beauté des paysages, le calme champêtre et la proximité de la grande région montréalaise en font un endroit de vie exceptionnel et attirent plusieurs jeunes parents soucieux de donner un environnement favorable à l’épanouissement de leurs enfants.

 

Monuments et sites historiques

Saint-Antoine peut s’enorgueillir de plusieurs monuments dont le plus important est, sans contredit, son église dont les murs extérieurs remontent à 1779. Les clochers et l’intérieur ont été détruits par un incendie en 1913 et rebâtis en 1914-1915. Le parc de la Fabrique présente plusieurs jalons de notre histoire : un monument en l’honneur de George-Étienne Cartier érigé en 1919; une plaque commémorative rappelant l’arrivée de quatre frères Archambault considérés comme les fondateurs de Saint-Antoine; le Mai des Patriotes à la mémoire des Antoniens qui ont participé à la bataille de Saint-Denis et particulièrement de ceux qui y sont morts (Honoré Bouteillet, Benjamin Durocher, Lévis Bourgeois et André Mandeville) et les meules du moulin banal démoli depuis plus de cent ans et retrouvées, vers 1950, par Ovila Cordeau en labourant son champ. Des monuments marquent également l’emplacement des maisons natales de George-Étienne Cartier et d’Eulalie Durocher, lesquelles sont aujourd’hui disparues.

 

Les maisons ancestrales

Les citoyens de Saint-Antoine s’enorgueillissent des belles vieilles demeures qui ont été entretenues avec soin depuis plusieurs générations. Grâce à la richesse et à la qualité de ce patrimoine, la municipalité a été choisie membre de l’Association des plus beaux villages du Québec. On y compte plus d’une cinquantaine de maisons centenaires dont plusieurs ont plus de 150 ans.

L’une des plus spectaculaires est, sans contredit, le Château Saint-Antoine bâti en 1898 par Louis-Joseph Cartier (petit cousin de George-Étienne), commerçant et seigneur de Contrecoeur par son mariage à Ermelinde Kemneur-Laflamme. Celle-ci avait hérité du titre de son père, Joseph Kemneur-Laflamme, qui avait acheté la seigneurie en 1872. Cette propriété de style mauresque est devenue, depuis 1988, un restaurant réputé qui se spécialise également dans les réceptions de mariage. Le fils de Louis-Joseph Cartier, Joseph-Louis qui était photographe professionnel, fut le dernier seigneur de Contrecoeur. À sa mort, en 1948, il laissa une abondante collection de photographies qui témoignent de la vie à Saint-Antoine de 1900 à 1930.

À l’occasion de son 250e anniversaire de fondation en l’an 2000, la municipalité a inauguré un circuit patrimonial qui permet d’admirer une trentaine des plus belles maisons ainsi que les monuments. Une brochure qui présente l’historique de chaque site du circuit est disponible dans les commerces du village.

 

Le tourisme

Le village de Saint-Antoine-sur-Richelieu offre aux visiteurs plusieurs points d’attrait. Outre le circuit patrimonial, la Maison de la culture Eulalie-Durocher offre une programmation variée pendant toute l’année : expositions, concerts intimes, conférences et spectacles. On peut également visiter l’église le dimanche, de midi à 16 heures, de la Saint-Jean à la fête du Travail. Des restaurants ouvrent leurs portes aux visiteurs et quelques gîtes du passant sont également disponibles.